Phoenix Impact : réduire l’empreinte environnementale de la recherche

Phoenix Impact

Retrouvez l’histoire derrière quelques entreprises issues de la communauté de Propolys et Polytechnique Montréal.

Portraits

d'entrepreneurs

C’est lors de son doctorat en génie biomédical à Polytechnique Montréal que Fiona Milano remarque pour la première fois l’ampleur du problème. Boîtes de Pétri, pipettes, tubes : en recherche biomédicale, les consommables de plastique à usage unique s’accumulent à un rythme effarant. À l’échelle de la planète, les laboratoires de sciences de la vie génèrent annuellement 5,5 millions de tonnes de déchets plastiques qui sont jetés ou incinérés.

« Quand j’ai constaté le problème, mon premier réflexe n’a pas été de
créer une entreprise. J’ai d’abord cherché des solutions pour qu’on
arrête de gaspiller autant de plastique dans mon labo. Puis, j’ai réalisé
qu’il n’y en avait pas. »

– Fiona Milano, cofondatrice de Phoenix Impact

Originaire de Belgique, Fiona n’est pourtant pas étrangère à l’entrepreneuriat. Lors de son baccalauréat en génie biomédical à UCLouvain, elle cofonde Greenzy, une entreprise de composteurs d’intérieur. En 2020, elle s’installe à Montréal afin de poursuivre une maîtrise et un doctorat à Polytechnique, dans le cadre d’une entente interuniversitaire. Elle se passionne alors pour la recherche, loin de l’idée de lancer une autre entreprise.

C’est en discutant du gaspillage massif observé en laboratoire avec Maxime Dimidschstein, ingénieur informatique et titulaire d’une maîtrise en entrepreneuriat, que l’idée de l’entreprise s’impose. Partenaires de longue date, ils y voient l’occasion d’allier leurs expertises.

En juin 2023, ils fondent officiellement Phoenix Impact. Un nom bien choisi, car son impact environnemental est énorme.

Économie circulaire et recherche durable

Entreprise d’économie circulaire, Phoenix Impact a pour mission de reconditionner les consommables plastiques à usage unique des laboratoires afin de réduire l’empreinte environnementale et les coûts de la recherche.

Pour ce faire, l’équipe opère en circuit court. Le matériel usé est collecté et trié chez les clients, puis décontaminé, stérilisé et soumis à des tests de qualité rigoureux avant d’être remis en fonction.

Les premiers projets pilotes confirment l’efficacité de l’approche et le maintien des standards scientifiques. En effet, les laboratoires qui bénéficient de la technologie développée par Phoenix Impact réduisent de 80 % leurs déchets plastiques.

Crédit photo : Vincent Wilson

 

Sortir des murs de Polytechnique

Dès le départ, Polytechnique joue un rôle clé dans la genèse de l’entreprise. Grâce au soutien et à l’ouverture de son directeur de recherche, Marc Lavertu, Fiona peut utiliser les installations universitaires pour développer sa solution, s’assurer d’obtenir la propriété intellectuelle et valider la problématique auprès de son réseau.

« Être à l’université ouvre des portes : j’ai pu poser des questions
directement aux autres membres de la communauté de recherche,
tester mon projet d’entreprise sur place et, surtout, trouver d’excellents
stagiaires. »

– Fiona Milano, cofondatrice de Phoenix Impact

D’emblée, Fiona sait qu’il faudra vite regarder au-delà de Polytechnique. L’essentiel du marché se trouve dans les centres de recherche en biotechnologie, où l’utilisation de plastique à usage unique est plus intensive. Elle interroge donc d’autres laboratoires universitaires de Montréal pour bien cerner les problématiques communes. Les premiers tests se révèlent probants et des ententes de service avec de grands centres de recherche sont conclues presque immédiatement.

Sur le terrain, l’intérêt pour la solution est d’abord porté par les équipes de recherche, sensibles à l’enjeu environnemental. Les directions se laissent convaincre facilement, puisque le service est plus économique que l’achat de matériel neuf.

En moins de huit mois, Phoenix Impact passe de trois laboratoires pilotes à quarante clients. En novembre 2024, l’entreprise s’installe dans son propre local et investit dans ses premiers équipements, financés grâce à des prix remportés dans des concours d’entrepreneuriat et à un prêt de PME Montréal. Son objectif est d’augmenter sa capacité de traitement pour atteindre 200 à 250 laboratoires clients d’ici la fin de l’année 2026.

Des incubateurs pour passer de l’idée à l’exécution

Au moment de se lancer, Fiona et Maxime souhaitent bien s’entourer. Après un passage au Centech (ÉTS), ils rejoignent le parcours en technologies propres de Propolys afin de rester ancrés à Polytechnique. Ils y bénéficient d’un accompagnement stratégique pour structurer leur offre, valider le marché et clarifier le cadre juridique et financier.

« Propolys offre un encadrement très motivant qui te pousse à te
dépasser. On te ramène toujours à l’action. On revient te voir et on te
demande : “Est-ce que tu l’as fait ?” »

– Fiona Milano, cofondatrice de Phoenix Impact

La doctorante en génie biomédicale connaît bien cet environnement inspirant où science et entrepreneuriat se rencontrent naturellement. Elle est maintenant conseillère pour la communauté étudiante en démarrage d’entreprise incubée chez Propolys. Fière d’accompagner à son tour la relève, elle souhaite servir de modèle en entrepreneuriat technologique, un milieu où les femmes demeurent sous-représentées.

Un déploiement local écoresponsable

Phoenix Impact concentre aujourd’hui son action à Montréal en cohérence avec sa mission environnementale. En effet, transporter le matériel à reconditionner sur de longues distances annulerait une partie des gains écologiques. La vision à moyen terme consiste à répliquer le modèle d’opération dans d’autres pôles de biotechnologie au Canada et à l’international, en conservant son approche locale. Née dans les laboratoires biomédicaux de Polytechnique, Phoenix Impact ouvre la voie vers la recherche durable, ville par ville.