Peregrine Photon : voir toujours plus… petit

Peregrine Photon

Retrouvez l’histoire derrière quelques entreprises issues de la communauté de Propolys et Polytechnique Montréal.

Portraits

d'entrepreneurs

En septembre 2025, Peregrine Photon, une jeune entreprise issue de Polytechnique Montréal, remporte une bourse Pierre-Péladeau de 25 000 $. Cette distinction prestigieuse récompense chaque année les projets entrepreneuriaux étudiants les plus prometteurs au Québec. Une reconnaissance qui confirme le potentiel d’une innovation appelée à transformer la recherche scientifique.

Cofondée par les doctorants Guillaume Ramadier et Rodrigo Becerra-Deana, avec les professeurs Lucien Weiss et Caroline Boudoux, Peregrine Photon s’attaque à un défi scientifique de taille : rendre la microscopie de super-résolution accessible à tous les laboratoires, une technologie jusqu’alors réservée à une élite de chercheurs.

« Aujourd’hui, il y a une barrière énorme à l’accès à cette technologie.
Notre but, c’est de la faire tomber : que chaque équipe scientifique, où qu’elle soit, puisse bénéficier de la même précision d’analyse.
»

Guillaume Ramadier, cofondateur de Peregrine Photon

Crédit photo : Éric Carrière

Repousser les limites du visible

La microscopie de super-résolution a valu le prix Nobel de chimie 2014 à l’Allemand Stefan Hell, pour la technique STED (Stimulated Emission Depletion). Cette avancée a permis de franchir une barrière considérée jusqu’alors comme infranchissable : la diffraction de la lumière. 

Grâce aux travaux de Hell, les chercheurs peuvent désormais distinguer des structures jusqu’à 50 nanomètres, soit quatre fois plus fines que celles observées avec un microscope optique conventionnel. Il s’agit d’une percée révolutionnaire, notamment pour la recherche biomédicale, car elle permet l’observation précise des structures et mécanismes à l’intérieur même des cellules. 

Cependant, dans la plupart des laboratoires, ces outils ultraprécis demeurent hors de portée en raison de leur complexité d’utilisation et de leur cout élevé.  C’est ce fossé que Peregrine Photon entend combler. Son module compact clé en main convertit un microscope confocal standard en instrument de super-résolution, sans en modifier la structure ni le fonctionnement, et ce, pour un cout environ dix fois inférieur. 

« Chaque laboratoire mérite d’avoir accès à cette technologie.
En la rendant plus accessible, on accélère les découvertes scientifiques de demain. »

Guillaume Ramadier, cofondateur de Peregrine Photon

Le module présente aussi un avantage environnemental majeur : plutôt que de remplacer des microscopes encore fonctionnels, il les met à niveau, prolongeant leur durée de vie et réduisant les besoins d’achat de matériel neuf. Une solution en phase avec la volonté croissante des laboratoires modernes d’allier performance scientifique et responsabilité environnementale.

Une idée née à Polytechnique, propulsée par Propolys

L’histoire de Peregrine Photon débute en 2023, au Département de génie physique de Polytechnique Montréal. Originaire de France, Guillaume Ramadier y effectue un stage de fin d’études de maîtrise. Séduit par la rigueur et l’atmosphère du laboratoire, il décide de poursuivre au doctorat.

C’est à ce moment qu’il rencontre Rodrigo Becerra-Deana, également doctorant en génie physique, qui travaillait déjà sur une technologie novatrice. L’idée de l’appliquer à la microscopie émerge alors. Accompagnés par les professeurs Lucien Weiss et Caroline Boudoux, les deux étudiants chercheurs unissent leurs expertises et conçoivent une nouvelle approche capable d’améliorer considérablement la résolution des microscopes confocaux.

De cette collaboration naît rapidement une idée d’application concrète. Le quatuor dépose une demande de brevet en janvier 2024, et cofonde Peregrine Photon pour en assurer le développement.

Le Bureau de valorisation de Polytechnique, qui accompagne les projets issus de la recherche vers le marché, travaille en collaboration avec Propolys, l’incubateur entrepreneurial de l’université. Grâce à cette continuité d’accompagnement, l’équipe fondatrice plonge dans un nouvel univers : validation de marché, modèle d’affaires, planification stratégique. Ils apprennent à transformer leur innovation scientifique en un projet d’entreprise structuré.

« On avait la technologie, mais pas les outils pour en faire une entreprise.
Propolys nous a aidés à structurer le projet d’affaires, à comprendre comment passer du labo au marché. »

Guillaume Ramadier, cofondateur de Peregrine Photon

Propolys contribue également à mettre Peregrine Photon en relation avec Quantino, un incubateur spécialisé en photonique rattaché à l’Institut national d’optique (INO) à Québec, le plus grand centre d’expertise en optique et photonique au Canada. L’entreprise y est admise en novembre 2024, amorçant un coaccompagnement Propolys–Quantino qui s’échelonnera sur trois ans.

Innover aujourd’hui pour éclairer les découvertes de demain

En 2025, l’équipe de Peregrine Photon poursuit la phase de conception de son prototype. D’ici cinq ans, elle espère amorcer la commercialisation à l’échelle nord-américaine et s’imposer comme un acteur clé de la photonique appliquée à la recherche. Les retours obtenus jusqu’à présent sont unanimes : la solution est simple, pertinente et très attendue.

À terme, l’objectif de Peregrine Photon est de démocratiser la microscopie de super-résolution en rendant cette technologie révolutionnaire accessible à la communauté scientifique mondiale. Portée par l’écosystème de Polytechnique, la jeune entreprise avance vers un futur où chaque laboratoire pourra voir plus loin, plus clair, et surtout, plus petit.