Fireraven : sécuriser l’IA pour en déployer tout son potentiel

Fireraven

Retrouvez l’histoire derrière quelques entreprises issues de la communauté de Propolys et Polytechnique Montréal.

Portraits

d'entrepreneurs

À l’automne 2023, Jean-Sébastien Patenaude et Philippe Maisonneuve, diplômés de Polytechnique Montréal, sont à la recherche d’un projet d’entreprise à bâtir ensemble. Issus respectivement du génie informatique et du génie logiciel, ils suivent de près l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Ils souhaitent créer une entreprise dans ce domaine, avec l’ambition de développer une solution utile, durable et applicable sur le terrain. 

Leur réflexion converge vers un champ encore émergent, mais déterminant pour le déploiement de l’IA à grande échelle : la sécurité des systèmes d’intelligence artificielle. C’est un enjeu que Philippe explore également dans le cadre de son doctorat lié à la sécurité de systèmes d’IA appliqués à l’énergie.

C’est dans ce contexte qu’une scène vécue vient cristalliser leur réflexion. En passant devant une caserne de pompiers, ils remarquent le symbole d’un coq en feu. Le feu (fire) évoque un danger qu’il faut contenir avant qu’il ne se propage. À cette idée s’ajoute celle du corbeau (raven), associé à la vigilance et à l’anticipation des risques.

Le déclic est immédiat. Le nom du projet est trouvé, et avec lui, l’orientation de l’entreprise se précise.

En janvier 2024, ils cofondent officiellement Fireraven, une entreprise montréalaise spécialisée en sécurité et en conformité des systèmes d’intelligence artificielle dans les organisations. 

Quand l’IA avance plus vite que ses garde-fous

Au moment où Jean-Sébastien et Philippe lancent leur entreprise, l’intelligence artificielle commence à s’intégrer rapidement dans les organisations. Pourtant, sur le terrain, de nombreuses initiatives peinent à dépasser le stade de l’expérimentation.

Le blocage n’est pas technologique. Le frein se situe ailleurs : sécurité, conformité, gouvernance des données. Une fois les systèmes d’IA confrontés à ces contraintes, plusieurs projets sont abandonnés. Les risques liés aux fuites d’information, aux comportements imprévus des modèles ou au non-respect des cadres réglementaires deviennent trop difficiles à maîtriser. 

 « Le problème n’est pas que l’IA ne fonctionne pas.
C’est que les organisations ne savent pas encore comment la déployer de façon sécuritaire.
»

Jean-Sébastien Patenaude, cofondateur et CEO de Fireraven

Fireraven répond à ce décalage entre l’innovation technologique et sa mise en œuvre sécuritaire. La jeune pousse teste les systèmes d’intelligence artificielle des organisations, en identifie les vulnérabilités et met en place des mécanismes de protection robustes.

La solution développée permet aux organisations de rentabiliser leurs investissements en IA, en débloquant des projets restés sur la tablette et en rendant possible l’utilisation de nouveaux outils technologiques en toute sécurité et conformité.

Une ambition internationale dans un marché en plein essor

À ses débuts, Fireraven traverse une longue phase d’exploration qui permet de préciser son offre, tout en révélant une difficulté centrale : la sécurité demeure un enjeu difficile à vendre dans un domaine encore peu connu comme celui de l’IA. Sur le terrain, Fireraven doit autant convaincre de l’existence du problème que de la pertinence de sa solution.

Un premier jalon important est franchi en 2025, avec la signature d’un contrat municipal significatif, qui confirme la valeur de l’approche proposée par Fireraven. À cette même période, Philippe Maisonneuve se retire de l’entreprise pour poursuivre d’autres projets personnels. Jean-Sébastien demeure seul à la tête de Fireraven, qui compte aujourd’hui une équipe de quatre personnes. 

Le positionnement de Fireraven s’inscrit dans un paysage concurrentiel bien précis. La majorité des entreprises actives en sécurité de l’IA sont basées aux États-Unis, tandis que les joueurs européens et canadiens sont peu nombreux. Fireraven se distingue notamment par son approche axée sur la souveraineté des données, un avantage déterminant pour des secteurs fortement réglementés.

« Beaucoup de solutions passent par des serveurs américains.
Pour certaines organisations, surtout en finance ou dans le public, ce n’est tout simplement pas une option acceptable.
»

Jean-Sébastien Patenaude, cofondateur et CEO de Fireraven

Jean-Sébastien porte une ambition claire : bâtir une solution capable de s’imposer à l’international. Son objectif est de faire de Fireraven une référence en matière de sécurité des systèmes d’intelligence artificielle. À terme, il souhaite que la marque devienne un sceau de confiance pour les organisations à l’échelle mondiale. L’entreprise est d’ailleurs engagée dans des démarches de certification afin d’appuyer cette crédibilité.

Polytechnique Montréal : apprendre à réfléchir l’innovation

Le parcours de Jean-Sébastien à Polytechnique Montréal joue un rôle déterminant dans la manière dont il aborde l’entrepreneuriat technologique. Cet environnement académique qu’il qualifie d’exigeant lui a permis de développer une rigueur intellectuelle essentielle pour travailler sur des problèmes complexes, encore émergents.

«  À Polytechnique, on apprend à résoudre des problèmes qui ne sont pas encore bien définis.
En intelligence artificielle, c’est exactement ça : tout avance vite, mais il faut être capable de structurer ce qui n’existe pas encore.
»

Jean-Sébastien Patenaude, cofondateur et CEO de Fireraven

Cette façon de réfléchir à de nouvelles problématiques se reflète directement dans la manière dont il a conçu Fireraven, c’est-à-dire en partant des contraintes réelles des organisations — sécurité, conformité, gouvernance — plutôt que de la technologie seule. Cette posture est particulièrement pertinente dans un domaine comme la sécurité de l’IA, où les usages, les cadres réglementaires et les bonnes pratiques sont encore en construction.

Former pour entreprendre les défis de demain

L’histoire de Fireraven illustre que l’entrepreneuriat technologique ne naît pas uniquement d’une idée, mais d’une capacité à comprendre, anticiper et intervenir dans des contextes en constante évolution. Cette expertise, transmise à Polytechnique Montréal, ouvre la voie à la création d’entreprises québécoises capables de répondre aux grands défis technologiques contemporains.