Quand Pierre-Alexandre Fournier et Jean-François Roy remportent en 2011 un contrat de l’Agence spatiale canadienne, leur entreprise compte trois personnes. Quelques semaines plus tard, ils doivent tripler leur effectif, immédiatement. « On a demandé à l’Agence spatiale quand on commençait, et ils nous ont répondu : lundi dernier », se souvient Pierre-Alexandre. Ce tournant inattendu propulse leur projet de capteurs biométriques portables sur une trajectoire hors du commun, qui les mènera quelques années plus tard vers l’installation de leur technologie Astroskin dans la Station spatiale internationale par l’astronaute canadien David Saint-Jacques.
Mais l’histoire d’Hexoskin ne commence pas dans l’espace. Elle prend racine sur les bancs de Polytechnique Montréal, à l’intersection du génie électrique, de la recherche biomédicale et de l’intelligence artificielle, bien avant que ces domaines ne soient aussi interconnectés qu’aujourd’hui.
Les deux fondateurs ont étudié dans des laboratoires de pointe, à une époque où Polytechnique était déjà à l’avant-garde. Jean-François Roy a poursuivi sa maîtrise avec le professeur Mohamad Sawan, au laboratoire de neurotechnologies Polystim. Pierre-Alexandre Fournier a étudié avec le professeur Jean-Jules Brault, au laboratoire de machines neuronales. Ces deux milieux de recherche ont eu une influence déterminante sur les technologies qu’ils ont développées par la suite avec Hexoskin.
« On ne réalisait pas à quel point on était privilégiés d’avoir accès à des labos aussi à la fine pointe.
Ce n’est qu’après, à force de voyager et de présenter notre travail, qu’on a compris la valeur de ce bagage. »
– Pierre-Alexandre Fournier, cofondateur d’Hexoskin

Une entreprise issue de la recherche universitaire
C’est lors de leurs études aux cycles supérieurs que leur idée d’entreprise prend forme. Leurs projets de recherche, tout comme leur curiosité scientifique, les mènent à développer un prototype de vêtement connecté, qu’ils utilisent pour collecter des données biométriques. Ils cherchent ainsi à tester une intuition : ce qu’on croit universel en biomédecine l’est-il vraiment, une fois appliqué à chaque individu ?
Hexoskin conçoit aujourd’hui des vêtements intelligents dotés de capteurs biométriques de niveau clinique. Ces dispositifs mesurent en continu des données telles que l’électrocardiogramme (ECG), la fréquence et le volume respiratoires, la variabilité de la fréquence cardiaque, les cycles de sommeil ou encore le niveau d’activité. Mais ce n’est pas le vêtement qui fait le produit, c’est l’information. « Ce qu’on vend, ce n’est pas un chandail, ce sont des données », résume Pierre-Alexandre.





