CAPSolar : brancher sur le soleil pour un avenir plus brillant

Capsolar

Retrouvez l’histoire derrière quelques entreprises issues de la communauté de Propolys et Polytechnique Montréal.

Portraits

d'entrepreneurs

À l’été 2019, Samy Benhamza entame son projet de fin d’études en génie mécanique à Concordia. Passionné par l’énergie propre et les automobiles, il choisit de consacrer ce projet à l’intégration de panneaux solaires sur les véhicules. Curieux et engagé, il cherche à mettre ses compétences au service de solutions concrètes, capables d’avoir un impact réel sur la transition énergétique.

Il travaille alors avec Hansan Permallou, un collègue d’études avec qui il partage un intérêt pour la mobilité durable. Dès le départ, ils envisagent de transformer ce projet académique en entreprise. Ensemble, ils conçoivent un premier prototype, l’ébauche technique de ce qui deviendra CAPSolar, fondée officiellement à l’été 2020.

Passer du prototype à l’entreprise avec le parcours entrepreneurial en mobilité durable de Propolys

Vers la fin de ses études, Samy participe au Coopérathon de Desjardins. L’expérience lui fait découvrir l’univers des pitchs et de la validation de marché, mais lui révèle aussi une limite : malgré un prototype solide, il connaît très peu de choses du monde des affaires.

C’est là qu’il rencontre les personnes responsables du parcours entrepreneurial en mobilité durable (Trajet-M) offert par Propolys. À Polytechnique, la mobilité durable constitue un pôle d’expertise reconnu, notamment grâce à la chaire de recherche de la professeure Catherine Morency, qui a collaboré au développement du parcours. 

Cette approche entrepreneuriale, ancrée dans des enjeux concrets de mobilité, correspond exactement à ce que Samy et Hansan recherchent. Au printemps 2020, ils rejoignent la première cohorte avec leur prototype et la volonté de transformer leur projet en entreprise.

Les deux fondateurs y acquièrent les bases nécessaires pour lancer une jeune entreprise technologique et bénéficient d’un accompagnement adapté à leurs besoins. L’incubateur les met aussi en relation avec des acteurs clés de la mobilité à Montréal.

 « Le parcours entrepreneurial en mobilité durable de Propolys nous a apporté deux choses essentielles :
comprendre comment lancer une entreprise et nous connecter à l’écosystème mobilité.
Grâce à eux, on a pu rencontrer des gens de Jalon Montréal, des personnes qui connaissent tout ce qui bouge en mobilité au Québec.
»

Samy Benhamza, fondateur de CAPSolar

En parallèle, ils suivent également le parcours du Centech (ÉTS). Les deux programmes se complètent et accélèrent la progression de CAPSolar. Au printemps 2021, Hansan quitte l’entreprise. Samy poursuit l’aventure seul, puis recrute progressivement une petite équipe.

Révolutionner le transport grâce à l’énergie solaire

Au fil de 2020 et 2021, CAPSolar se structure autour d’une mission claire : rendre l’énergie solaire adaptée aux environnements mobiles.

L’entreprise développe des panneaux solaires flexibles, légers et ultrarésistants, capables de supporter les chocs, les vibrations et des conditions d’utilisation exigeantes. Ces panneaux peuvent être installés sur des camions de transport, des véhicules récréatifs ou des bateaux. Ils alimentent des systèmes énergivores, augmentent l’autonomie et réduisent la dépendance à l’énergie fossile ou au réseau électrique.

Capsolar s’attaque ensuite à un défi plus ambitieux : intégrer le solaire directement dans la carrosserie automobile, de manière invisible. Cette technologie, toujours en développement, permettrait d’offrir de 30 à 50 km d’autonomie quotidienne. C’est une avancée particulièrement pertinente pour concevoir des véhicules hybrides alliant électricité et énergie solaire. D’ailleurs, CAPSolar collabore depuis deux ans avec Mercedes pour explorer les possibilités d’intégration de ces panneaux invisibles.

La traction commerciale accompagne l’évolution technologique. Dans la première année de commercialisation, en 2023-2024, l’entreprise atteint 400 000 $ en revenus. Une part importante de ce chiffre provient d’entreprises qui découvrent CAPSolar d’elles-mêmes et contactent Samy directement. L’un des moments marquants survient lorsqu’il reçoit un appel d’un employé de Toyota, intrigué par le projet. Cet échange deviendra l’un des partenariats les plus importants de l’entreprise.

Faire avancer le solaire vers de nouveaux horizons

Aujourd’hui, CAPSolar noue des partenariats au Québec, aux États-Unis et en Europe, fabrique ses panneaux à Montréal et regroupe une équipe de dix personnes. 

L’esthétique des technologies solaires traditionnelles, souvent perçue comme une contrainte, devient chez CAPSolar un véritable levier d’innovation. En développant des solutions qui s’intègrent directement au design des véhicules, l’entreprise se distingue sur son marché. Samy estime que, d’ici cinq ans, des véhicules hybrides sortiront d’usine avec des panneaux solaires invisibles intégrés à la carrosserie.

Sa vision à long terme dépasse toutefois le transport. Il imagine un monde où le solaire pourrait être intégré à toute surface capable de capter la lumière : fenêtres, bâtiments, mobilier urbain, objets du quotidien.

« Toute surface pourrait générer de l’énergie. Notre but, c’est d’amener le solaire là où il n’est pas encore… et de le rendre beau.»

Samy Benhamza, fondateur de CAPSolar

Polytechnique, un lieu d’innovation tournée vers l’avenir

Bien qu’il n’ait jamais étudié à Polytechnique, Samy y a reçu dès les débuts de CAPSolar un appui précieux pour structurer son projet d’entreprise. Aujourd’hui, il retourne régulièrement à Propolys pour partager ses apprentissages, juger des séances de pitch et accompagner les nouvelles cohortes.

Son histoire rappelle que Polytechnique joue un rôle essentiel dans le développement d’innovations issues de parcours variés. En soutenant des projets de partout au Québec, comme CAPSolar, l’université contribue à façonner une nouvelle génération de talents capables d’imaginer et de construire l’avenir énergétique du Québec.